Eduardo Martins : ce surfeur brésilien photographe de guerre qui n’a jamais existé

Vous le connaissez peut-être tant il commençait à devenir populaire sur les réseaux sociaux (120k de followers sur Instagram). Il s’appelle Eduardo Martins, ce brésilien qui s’est inventé une vie et qui a vendu des clichés au media du monde entier en se faisant passer pour un surfeur/photographe de guerre œuvrant bénévolement pour les Nations unies.

L’histoire est belle, il a 32 ans, beau gosse et en plus il est photographe de guerre au Moyen-Orient. Avec ses clichés sois disant pris sur le terrain et ses récits de héro, il a séduit toute la presse internationale qui lui dressa un portrait élogieux.

Il raconta notamment à Recount Magazine en 2016 que « lors d’une fusillade en Irak, j’ai arrêté de prendre des photos afin d’aider un garçon qui avait été touché par un cocktail molotov et le mettre à l’abri ».

Seulement, dès lors que les journalistes ont voulu l’approcher, le surfeur héro des temps modernes était insaisissable et c’est Natasha Ribeiro reporter pour BBC Brasil qui découvre le pot aux roses.

C’est en interrogeant deux de ses confrères brésiliens traitants le même sujet au même moment au même endroit (les combats des Peshmergas contre Daesh), qu’elle se rend compte qu’en réalité Eduardo n’est absolument pas sur le terrain puisque ces derniers n’ont jamais entendu parlé de lui.

Le profil d’Eduardo sur Instagram

Mais les preuves s’accumulent car le photographe ne figure par sur le registre de l’agence pour les réfugiés de l’ONU ni sur celui de l’ONG Living Positive dont il faisait sois disant partie.

Enfin, à chaque fois que la chaine a voulu le rencontrer physiquement ou par skype, il refusait prétextant l’instabilité de la situation sur le front à Mossoul.

Bilan : des clichés volés et photoshopés à d’autres photographes (Daniel C.Britt.) et vendus ou diffusés à la BBC, The Wall Street Journal, Getty Images, Al Jazeera ou encore Vice. Un visage emprunté à un prof de surf anglais (Max Hepworth-Povey), quelques milliers d’euros (un cliché se revend 500 euros en moyenne), un bel instant de gloire avec plus 120k de followers sur Instagram et un paquet de nanas qui devaient être fan de lui (la chance).

Depuis, le brésilien a supprimé son compte Instagram et a expliqué à son galeriste de Sao Polo qu’il a pris « la décision de passer un an dans un van à parcourir le monde ».

Moralité : maitriser photoshop ça peut vous rapporter gros !

About the author

Fondateur - Issu d’une famille Bretonne et surfeur depuis une quinzaine d’années, il recrute, coordonne le développement et gère les finances de SurfME pour façonner un projet aux valeurs fun, green et sportives.

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