« Shores of Fear » : ils stoppent tout pour un seul objectif : surfer Nazaré

Le 17 aout 2000, la légende de surf de gros Laird Hamilton se lançait en surf tracté sur une gauche de 15m à Teahupoo (Tahiti) et laissa le monde du surf sans voix… Il venait de réaliser l’inimaginable avec cette vague du millénaire qui sera une source d’inspiration pour de nombreux surfeurs.  

Dix sept ans plus tard, le surf de gros se démocratise et ils sont de plus en plus en nombreux à vouloir dompter ses géants tout autour du globe… Jaws, Mavericks, Nazaré et bien d’autres deviennent des vagues très convoitées pour satisfaire l’appétit de ses chercheurs d’adrénaline. 

Mais ce n’est pas parce que le surf de gros évolue qu’il est plus accessible… C’est une discipline qui nécessite énormément de préparation et c’est ce qu’on voulu vous présenter Lionel et Cédric à travers leur projet « Shores of Fear ».

1) Messieurs, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes (formation, jobs, hobbies) ? 

Cédric: J’ai eu la chance de grandir dans les Landes ce qui m’a permis de découvrir le surf très jeune, J’ai dédié ma vie à l’océan, mon travail en dépend car je suis prof de surf et de natation, je transmets ma passion à d’autres personnes.

Lionel: Pour ma part, j’ai 28 ans, je suis originaire de méditerranée, j’ai posé mes valises à Hossegor après quelques années de voyages autour du monde. Fan de skimboard à l’origine, j’ai vite attrapé le virus pour le surf, une vraie addiction ! Niveau jobs: j’ai été pompier volontaire, prof de natation, commercial et j’ai eu une boite d’import-export de matériel de surf entre l’Afrique du sud et la France.

Cedric à gauche et Lionel à droite

2) Qu’est ce que le projet Shores of Fear ? 

« Shores of Fear » ou « Rivages de la peur » est un projet de film documentant notre parcours entre Hossegor et Nazaré. Nous allons retracer notre préparation physique, mentale et nutritionnelle pour accéder au surf de grosses vagues sous l’œil attentif du réalisateur Clément Harel de Faction Audiovisual. 

3) Pourquoi ce défi ? 

Nous avons toujours été attiré par le surf de grosses vagues. Cédric a déjà une expérience dans ce milieu sur des vagues comme Belharra, La Nord, etc., pour ma part, on dira que j’ai surtout une expérience dans les « shorebreaks » mexicains et sud-africains. 

Plus sérieusement, surfer des grosses conditions nous fais rêver, car la sensation est juste incroyable, il y a vraiment un instant spécial où tu es tellement connecté, c’est intense, beau, indescriptible… mais c’est aussi terrifiant ! Quand tu vois la vague gonfler au loin, tu sais qu’elle va te casser dessus car la série décale et tu es mal placé, tu rames vite vers l’extérieur, ton rythme cardiaque s’accélère, tu manges, tu te fais traîner sous l’eau et il faut absolument que tu saches gérer ton corps et tes émotions à ce moment là.

Donc pour répondre à ta question, ce défi, c’est un mélange de rêves et de peurs: ce sont des sensations que tout le monde connait. Chacun d’entre nous les vit et y fait face à sa manière au quotidien.

Notre rêve à nous, c’est de surfer ces vagues géantes à la rame et en surf tracté. Pour y arriver nous devons nous préparer pour faire face à nos peurs (tomber, se faire tirer sur des centaines de mètres sous l’eau, le choc à l’impact, les tonnes d’eaux qui se déversent sur nous, l’apnée qu’on n’arrive plus à tenir).

Ce défi, il est personnel, le but du film c’est de montrer l’envers du décor, faire découvrir la partie immergée de l’iceberg. On ne s’improvise pas surfeur de grosses vagues du jour au lendemain, le chemin est long et fastidieux. Tu sais qu’au fond tu ne seras jamais réellement prêt car c’est la nature qui décide de ton sort. On met tout en place pour se sentir en sécurité, nous et les autres surfeurs.

4) Pourquoi Nazaré ? C’est une vague spéciale ? 

Nazaré est une vague spéciale, il y a ce canyon sous marin qui fait que la houle gagne en puissance et en vitesse, il y a la falaise et surtout cette énergie. Il suffit d’y aller pour comprendre… 

Spot Nazaré

 

De plus, la mairie de Nazaré a fait un énorme travail autour du surf de gros, il y a des infrastructures dédiées, ils ont aussi énormément travaillé sur l’aspect sécurité (ce qui ne signifie pas que ça la rend plus accessible). 

Il y a une large communauté de surfeurs à laquelle nous pourrons demander conseils et échanger des idées/ techniques de pilotage/ sécurité, etc. qui nous permettrons de progresser au fur et à mesure de notre parcours.

5) Votre dernière grosse session ?

Belharra le 21 octobre environ 8 mètres et une grosse gauche au Pays Basque.

Dernière grosse session le 12 décembre dernier … somewhere au pays basque

6) En quoi êtes vous complémentaire l’un et l’autre ?

Chacun à ses compétences, on comble les lacunes de l’autre, on progresse ensemble.

Honnêtement c’est un peu comme un couple ahah, avec le jet on a la vie de l’autre entre nos mains, la confiance doit être absolue. 

Un projet comme celui-ci demande beaucoup de préparation en amont, la recherche de sponsors matériels et financiers en fait partie.

Nous travaillons dur pour boucler notre budget et croyez nous, ce n’est pas facile !

7) Quelle est votre plus grosse frayeur à l’un comme à l’autre ? 

Cédric: Tomber d’une vague à la gravière à marée basse sans personne à l’eau, me blesser aux chevilles et aux genoux, à ne plus pouvoir marcher et ni conduire…

Lio: Puerto Escondido et la Gravière, 2 fois le même scénario, la planche cassée en 2, le leash qui tire le tail sous l’eau avec impossibilité de remonter, le moment où tu réalises qu’il faut le décrocher t’as déjà passé 2 vagues sous l’eau et tu bouffes le reste de la série 😉

8) Une devise de vie en particulier ?

Cédric: “Dans la vie tout est possible, ce n’est qu’une question de volonté.“

Lio: “ Fais le ou ne le fais pas, il n’y a pas d’essai = Maitre Yoda “

9) Quel est pour vous la référence absolue dans le surf de gros ? 

Les pionniers… Nous sommes obligés de citer Laird Hamilton, un vrai waterman !  Récemment, j’ai une réelle admiration pour Russel Bierke, il suffit de regarder son clip Bezierke pour comprendre.

Vous pouvez aider Lionel et Cedric en soutenant leur projet sur la plateforme de crowdfunding Ekosea 

Site internet Shores of Fear

Page Facebook Shores of Fear

Instagram Shores of Fear (Like Epic Surf)

About the author

Fondateur - Issu d’une famille Bretonne et surfeur depuis une quinzaine d’années, il recrute, coordonne le développement et gère les finances de SurfME pour façonner un projet aux valeurs fun, green et sportives.

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