Quiksilver rachète Billabong et l’industrie du surf continue sa route vers la consanguinité

Dans la famille consanguine je me rachète entre frères et soeurs… je voudrais… la famille….. surf !

Et oui, c’est officiel, Quiksilver a racheté l’un de ses congénères, la marque australienne Billabong pour 150 millions de dollars… (en réalité c’est le fond Okatree qui détient Quiksilver et une partie de Billabong qui a fini de compléter le rachat). 

Le problème c’est quand on regarde l’historique du géant de l’industrie de surf, on peut se poser la question de son utilité ?

Que l’on fasse des « erreurs » dans sa vision du business, c’est une chose mais qu’on les enchaine jusqu’à en dénaturer sa propre marque comme un t-shirt H&M après deux lavages, s’en est une autre.

Entre le rachat de la licence Européenne de Gotcha en 2000 qui a disparu, celui de la société Rossignol en 2005 pour 241 millions d’euros et revendu 40 millions (soit 200 millions de pertes) trois ans plus tard, la création de Quiksilver Women (du haut de gamme pour les femmes) qui disparaitra dans la foulée, l’embauche d’Andy Mooney un ancien de chez WaltDisney qui a coupé tout le sponsoring des athlètes un à un, le « départ » de ses pères fondateurs : Jeff Hackman notamment, de leurs icônes : Kelly Slater (la légende du surf 11x champion du monde), Dane Reynolds, Craig Anderson et le choix de distribuer leurs articles dans les grandes surfaces pour faire toujours plus de volume, Quiksilver a peu à peu distillé son ADN. 

A cela, vous ajoutez un virage du numérique complètement raté et vous obtenez une société dont l’action a perdu 79% de sa valeur de janvier à septembre 2015 pour enregistrer 826 millions de pertes et finir sous la protection des lois américaines des faillites (chapitre 11) dans la même année.

Alors quand Numericable rachète SFR, quelque part tout le monde s’en fout, ça reste du câble et du réseau. Mais quand Quiksilver rachète Billabong, l’industrie du surf continue sa route vers la globalisation d’un marché désormais sans saveur… Et là où le leader Quiksilver aurait pu apprendre de ses « erreurs » (erreurs pour nous qui avons peut-être un coeur de surfeur trop pur) et montrer l’exemple en réaffirmant son identité, celle d’une marque indépendante qui véhicule l’image d’un sport aux nobles valeurs… il n’en est rien ! 

Désormais Quiksilver et Billabong ne font qu’un, le tout dirigé par un seul et même cerveau qui n’hésitera pas à faire tout ce qu’il faut pour maintenir une équipe déjà bien usée et des employés à qui on vend la french california (pauvre pays basque) et le droit d’être en flip-flop en guise de salaire…quelle tristesse ! 

Et dire que tout avait commencé avec deux surfeurs australiens qui vendaient des maillots de bain au cul d’un camion… 

Adio le surf spirit ! 

About the author

Fondateur - Issu d’une famille Bretonne et surfeur depuis une quinzaine d’années, il recrute, coordonne le développement et gère les finances de SurfME pour façonner un projet aux valeurs fun, green et sportives.

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Comments

  • Julien janvier 5, 2018 at 14:00

    Franchement, ça craint … Je préfère soutenir des marques française comme Lastage ou Picture Organic qui privilégie l’environnement qu’un géant qui veut devenir l’amazon du Surf … Quiksilver avait cette image de marque hippie surf à l’époque et ils ont tout fichu en l’air.

    Bon je vais mater à nouveau l’excellent bien que cliché film Drift moi.

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  • Jo janvier 5, 2018 at 14:37

    cours d’économie pour les nuls :
    La concentration horizontale est le regroupement, par achat ou fusion, d’une ou plusieurs entreprises travaillant dans le même domaine ou au même stade production.
    Si les technologies et les moyens de productions restent identiques, l’entreprise élargit sa gamme de produits. De plus, la clientèle reste inchangée. De ce fait, l’entreprise a déjà les connaissances ainsi qu’une expérience dans le marché dans lequel elle s’immisce.
    La diversification horizontale assure une certaine sécurité à l’entreprise et garantie de nouvelles synergies. En effet, ayant déjà une certaine connaissance, voir une maîtrise de son marché et de sa clientèle, elle assure une meilleure distribution des risques tout en capitalisant sur les forces existantes.

    Exemples :
    Renault – Nissan
    Total – Elf
    BNP – Paribas
    Air France – KLM
    etc.

    La stratégie est très répandue et facile à appréhender. Même pour le néophyte qui utilisera, à tort, son propre filtre (cf. famille consanguine…) afin de nommer cette pratique.

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