Big Wave Award 2018, malgré un appui médiatique record, pourquoi Justine Dupont n’a pas eu d’award ?

Samedi dernier, l’élite du surf mondiale de grosse vague se réunissait au siège Red Bull à SANTA MONICA en Californie pour les nominations du Big Wave Awards 2018.

Le but ? Récompenser les plus belles performances dans les grosses vagues sous plusieurs catégories : « ride of the year », « tube of the year », « wipeout of the year » etc…

A cette occasion, le couple français adepte de surf de gros, Justine Dupont et Fred David faisait le déplacement.

Normal, après avoir participé au Pe’ahi Challenge à Hawaï (compétition de surf de gros) et consacré tout leur hiver à Nazaré au Portugal dans le but de scorer « LA » vague record, ils étaient en droit d’attendre un petit quelque chose…

Mais au moment des nominations… PATATRA… c’est le drame… rien… qu’etchi… walou…  nada… peau de balle… même pas un petit bout d’écume…

Pourtant la machine médiatique française (notamment) avait bien fait le boulot et nous vendait du Justine Dupont à tour de bras !

Alors forcément la pilule est dure à digérer…

Quand certains tentent de rattraper leur investissement perdu comme Surf Session Magazine qui s’agace ironiquement dans un article titré : « XXL Awards : pourquoi Justine Dupont aurait du gagner » (12 pages dans un mag ça coute cher !!!!).

D’autres remettent la faute sur l’hégémonie « anglo-saxonne » grande responsable de cette injustice. Comme pour Gibus de Soultrait qui valide la thèse de Surf Session dont il est le co-fondateur historique et dont il partagera l’article avec le commentaire suivant  : « […] c’est vrai que c’est dur d’être français(e) dans un monde d’anglo-saxons. (Pas que dans le surf, sans doute…)« .

Enfin, les intéressés eux-mêmes restent blêmes, car quand Yann Barthès sur le plateau du Quotidien cherche à comprendre pourquoi l’hawaiienne Paige Alms est récompensée et pas elle, Justine Dupont répond amèrement : « Parce qu’elle est plus blonde que moi …« 

Bon vous l’aurez compris, dans cette histoire sordide l’incompréhension est totale… 

Bien évidemment, mes cher(e)s lecteurs, on ne va pas vous laisser comme ça… tout seul… sur le bord de la plage…

Seulement pour connaître les réponses, il faut que vous soyez près à nous suivre là où personne n’ose aller, au cimetière des éléphants, un endroit où l’on transgresse l’ordre du surf établi pour aller remuer la merde et mettre un bon coup de pied au cul à toute cette mascarade marketing ! 

Pour faire simple, on va découper notre réflexion en trois axes : 

L’absence de performance pour le couple Dupont et David 

Premièrement, pas besoin d’aller se battre contre les anglo-saxons car quand Surf Session vous raconte qu’il n’y en a que pour les hawaiiens et les brésiliens c’est totalement faux ! 

La preuve, le français Gautier Garanx était un amateur et un illustre inconnu dans le monde du surf et il a pourtant remporté un award en 2014 pour sa vague de plus de 15 mètres surfée à Belharra le 22 décembre 2013 et c’est Surf Session eux-même qui relate ses exploits dans un article paru le 5 mai 2014

Gautier Garanx XXL Award

Avant lui, le français Benjamin Sanchis avait remporté cet award en 2011 aussi à Belharra.

Deuxièmement, Justine Dupont avait été nominée cette année dans la catégorie « Women’s Overall Performance » alors observons de plus près ses performances : 

1.Pe’ahi Challenge Hawai

Durant la compétition de surf de gros du Pe’ahi challenge à Jaws, c’est Paige Alms qui l’a remporté et Justine Dupont a fait 3ème sur 5 participants…. 

Fin de la discussion ! 

2. Les performances à Nazaré Portugal

Là encore Surf Session nous raconte que c’est Justine Dupont qui aurait été « très certainement la surfeuse à avoir surfé la plus grosse vague de l’hiver. » 

Depuis quand fait-on de l’approximation dans la compétition de surf de gros ? C’est elle oui ou non ? 

C’est totalement faux ! 

La seule vague sur laquelle Justine aurait pu s’illustrer et faire péter le compteur cet hiver est sur celle qu’elle partage avec Axi Munian sur un gros swell du 17 janvier dernier… 

Justine Dupont entourée en bleu photo : monster wave

Malheureusement, elle n’en surfera que l’épaule pour en sortir très vite et confiera en suivant sur son compte Instagram :

« Les choses ne se sont peut être pas déroulées comme je l’espérais mais nous avons extrêmement appris durant les derniers jours« .

Au passage, Justine Dupont a de la chance de ne pas s’appeler Karim Braire car pour ce genre de tirade de la part de Surf Session, elle aurait pris perpet’ pour faux et usage de faux, menottes et garde à vue médiatique + avocat sur le dos… mais ça va « elle est plus blonde » que lui !

Un duo encore bien vert dans le surf de gros 

Si individuellement chacun a fait ses preuves, il n’en reste pas moins que le surf de gros est une discipline bien à part qui nécessite une véritable expérience.  

Fred David est un ancien pro bodysurfeur qui débarque fraichement dans le surf tracté (- d’1an). Or piloter un jet dans des vagues de plus de 20 mètres nécessite une réelle expérience parce que c’est lui qui devra aller chercher sa partenaire qui risque sa vie dans la zone d’impact ! 

Et en la matière, le duo a encore du chemin à parcourir… demandez leur honnêtement combien de fois ils ont crashé leur jet-ski cet hiver ? Vous serez très surpris par leur réponse parce que ça vous ne le verrez pas sur leur compte Instagram !

Crash du jet ski du couple français

De même, imaginez-vous dans quel état d’esprit seriez-vous au moment de lâcher la corde pour surfer une bombe de plus de 20 mètres quand vous avez crashé le jet dans une vague de 10…. 

D’ailleurs pas besoin de lire entre les lignes Fred David le dit lui-même : « Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais durant ce dernier mega swell mais j’ai beaucoup appris 🌊 »

Enfin, Justine Dupont a un gros problème de positionnement dans ses objectifs à moins que ça soit de la fausse modestie ? 

Si vous lui demandez comme Yann Barthès combien mesurent les vagues qu’elle surfe, elle vous répondra en gros qu’elle s’en fiche et qu’elle ne surfe pas pour les awards. 

Dans ce cas Justine, pourquoi fais-tu de la compétition si ce n’est pas pour aller chercher la médaille au plus haut niveau ?

Comment peux-tu t’en fiches de la taille des vagues et faire de la compétition XXL et même te prendre un billet d’avion A/R pour la Californie et assister à une cérémonie dont tu n’attends absolument rien ?

Pour le plaisir de ton impact carbone ? 

Il serait donc bien temps de faire son « coming out » et d’assumer ses objectifs car un peu de cohérence solidifie toujours le mental.

Car à un moment donné ça ne sera plus SurfME qui te posera la question mais tes sponsors et là peut-être qu’il sera déjà trop tard…

Le piège du dopage médiatique 

Sur l’année 2017, la visibilité du couple français est un record à lui tout seul… à faire pâlir le boule de Kim Kardashian !

Les reportages affluent : JT de « TF1 », « TF1 One » (leur sous-traitant digital Minute Buzz), « Stade 2 » (France 2), « Télétoon » (groupe Canal +), 4 épisodes sur « Tout le Sport » (France 3), encore un reportage sur « SFR Sport Xtreme », une apparition sur « France Télévision », un article sur le site de la « World Surf League » mais aussi chez le leader américain « Surfline.com », en passant par les australiens de « Magicseaweed », « Redbull.com » + 8 pages dans le journal « L’Equipe » et 12 pages dans « Surf Session magazine » pour finir sur la presse people avec le « Figaro madame », « Grazia », « Paris Match » et même une petite pub pour les cartes bancaires « Visa » ainsi que pour les assurances de la « Maif » (confiance en tête).

Un petit sourire pour France 3

Et pourtant rien ne passe… le jury du Big Wave Award 2018 n’en veut pas !

Heureusement pour notre sport, le surf ne se juge pas à l’audience mais à la performance car à la différence de la politique il faut du résultat pour être élu. 

Alors soutenir les athlètes français oui mais soutenir un bout de performance dopé médiatiquement certainement pas ! 

Ce serait assassiner l’authenticité du surf que de partir dans cette direction. 

D’ailleurs à force d’aller chercher les caméras le piège s’est refermé sur le couple français car si la médiatisation est venue satisfaire les badauds et les annonceurs de Surf Session, elle est aussi venue nourrir l’espoir d’un résultat qui n’était pourtant pas au rendez-vous et la déception est encore plus grande ! 

Alors peut être que certains jugeront cet article un peu sévère mais pourtant c’est le réalisme qui fait avancer pas le copinage médiatique… la preuve !  

Enfin, si il y a un avait un « award » à décerner dans le surf cette année, ça serait à Surf Session pour le magazine français le plus ringard de tous les temps. Parce que ça fait plus de 30 ans qu’il existe et ça fait plus de 20 ans que c’est la même ritournelle, les mêmes personnes qui sont mises en avant, aucune fraicheur.

Le paysage surfistique français est-il si pauvre pour que vous parliez toujours des mêmes athlètes même quand il n’y a rien à dire ? 

Alors s’il vous plait, quitte à baiser ses lecteurs, faites au moins le nécessaire pour qu’on commence à sentir quelque chose parce que là ça commence à faire long….

Au fait, vous êtes au courant que le français Benjamin Sanchis n’a pas eu d’award alors qu’il a surfé un monstre de plus de 20 mètres ? Vous l’avez entendu pleurnicher ? 

Kim Kardashian a tout dit !

 

About the author

Fondateur - Issu d’une famille Bretonne et surfeur depuis une quinzaine d’années, il recrute, coordonne le développement et gère les finances de SurfME pour façonner un projet aux valeurs fun, green et sportives.

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Comments

  • Gibus de Soultrait mai 5, 2018 at 15:15

    Courageux argumentaire d’un surfeur en pétard ! Vitalité du débat.
    Cependant pour éclairer les arguments, important de garder une phrase dans son entier, pour rendre plus explicite le propos cité.
    “Quand on aime le (gros) surf, on ne surfe pas pour des Awards, mais c’est vrai que c’est dur d’être français(e) dans un monde d’anglo-saxons.”
    Pour mémoire en 2003, Sébastien St Jean, avec une vague Belharra qui reste parmi les plus grosses jamais surfées sur ce spot, était certes nominé au XXL mais était traité de “tapette sur une vague de mauviette” dans le principal quotidien d’Hawaii. Heureusement depuis, du chemin a été fait (Sanchis, Garanx…), mais sans chercher à se faire une place au soleil, c’est toujours difficile de briller hors du sérail. Et c’est du rôle de Surf Session de soutenir les surfeurs et surfeuses français.
    Pour ce qui est de la surmédiatisation de Justine Dupont, on peut y entendre indirectement une revanche féminine de bon aloi au sein d’un sport (et d’une société) dont le sexisme a longtemps été un loi du genre.
    Quant à la fraîcheur espérée, c’est bien de l’initier…
    Bonne continuation
    Gibus de Soultrait

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  • Phiona mai 6, 2018 at 11:40

    La crédibilité d’un article de juge aussi aux fautes d’orthographe… Pas d’adresse de français non plus !

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    • Steven mai 6, 2018 at 19:19

      « de juge » je connais pas ? commence par te relire !

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